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buddha cambodge

 

« Le don de la vérité surpasse tout autre don. »

 

Introduction à "L'Enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens"

Walpola Rahula,

1961.

 

« On constate aujourd’hui, dans le monde entier, un intérêt croissant pour le bouddhisme. Des associations et des groupes d’étude se sont formés et il a paru quantité de livres consacrés à l’enseignement du Bouddha. On peut toutefois regretter que la plupart des ouvrages soient l’œuvre d’auteurs qui ne sont pas vraiment compétents ou qui, abordant leur sujet avec des préjugés tirés d’autres religions, sont conduits à des interprétations fausses et à des exposés infidèles. Il s’est trouvé ainsi un professeur des religions comparées pour écrire récemment un livre sur le bouddhismeAnanda, le disciple dévoué du Bouddha, qui était un bikkhu (moine), est présenté comme un laïc ! Le lecteur peut imaginer de quelle qualité peut être l’image que de semblables ouvrages donnent du bouddhisme.

 

J’ai essayé dans ce petit livre, de m’adresser avant tout au lecteur cultivé qui, n’ayant pas une connaissance particulière du sujet, serait désireux de connaître ce que le Bouddha enseigna réellement. C’est à son intention que je me suis efforcé de donner brièvement, d’une manière aussi simple et directe que possible, un exposé fidèle et exact des paroles mêmes du Bouddha telles qu’elles sont rapportées dans le Tipitaka, le recueil de textes palis (langue indo-européenne parlée autrefois en Inde ) que les érudits sont unanimes à considérer comme les archives les plus anciennes de l’enseignement du Bouddha. La documentation de ce travail et les citations sont directement empruntées à ces textes originaux. En quelques endroits seulement je me suis référé à des écrits plus tardifs.

 

J’ai pensé aussi au lecteur qui, ayant déjà une certaine connaissance de l’enseignement du Bouddha, voudrait l’approfondir, et j’ai relevé dans ce but, à la fois dans le corps de l’ouvrage et dans un glossaire final, les termes principaux en langue palie ; j’ai également donné au bas des pages, les références aux textes originaux.

 

J’ai rencontré dans ce travail diverses difficultés. J’ai tenté d’éviter à la fois un excès de technicité et un excès de vulgarisation, et de présenter au lecteur occidental d’aujourd’hui un exposé compréhensible et dont il puisse tirer profit, sans cependant rien sacrifier du fond ni de la forme des discours du Bouddha. En écrivant ce livre, les textes anciens étaient continuellement présents à ma mémoire ; j’ai délibérément conservé les synonymes et les répétitions qui caractérisent la parole du Bouddha, telle qu’elle nous est parvenue à travers la tradition orale. Le lecteur aura ainsi une idée de la forme qu’employait le Maître. J’ai suivi d’aussi près que possible les textes originaux, tout en m’efforçant de rendre mes traductions aisées et lisibles.

 

 Mais il y a un point au-delà duquel on risquerait, dans la recherche de la simplicité, de perdre le sens particulier que le Bouddha voulait développer. Me conformant au titre de ce livre, l’Enseignement du Bouddha, j’ai pensé qu’il était nécessaire de rapporter les paroles mêmes du Maître, et jusqu’aux figures qu’il employait, plutôt que d’en présenter une version qui prétendrait faciliter la compréhension en en déformant le sens.

 

J’ai traité dans ce livre de presque tout ce qui est communément accepté comme constituant l'enseignement essentiel du Bouddha. Ce sont les doctrines des Quatre Nobles Vérités, du Noble Sentier Octuple, des Cinq Agrégats, du Karma, de la Renaissance, de la Production conditionnée, la doctrine du « Non-Soi » ( Anatta) et celle du Satipatthanal’Etablissement de l’Attention.  Il se rencontrera naturellement dans la discussion des expressions qui ne sauraient être familières au lecteur occidental. Je le prierais donc, si le sujet l’intéresse, de lire d’abord le chapitre initial, puis de passer aux chapitre V, VII et VIII, pour revenir ensuite aux chapitres II, III, IV, et VI, lorsque le sens général lui sera devenu plus clair et plus évident.  Il ne serait pas possible d’écrire un livre sur l’enseignement du Bouddha sans traiter des doctrines que le Theravada et le Mahayana s’accordent à accepter comme fondamentales dans son système de pensée.

 

Le terme Theravada (Hinayana ou « Petit Véhicule » n’est plus employé maintenant dans les milieux informés) peut être traduit par « l’Ecole des Anciens » (thera), et Mahayana par le « Grand Véhicule ». Ces deux termes désignent les deux principales formes du Bouddhisme qui se rencontrent dans le monde actuel. Le Theravada, considéré comme l’orthodoxie originale, est pratiqué à Ceylan, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge, au Laos, à Chittagong dans le Pakistan oriental. Le Mahayana, qui se développa un peu plus tard, est pratiqué dans les autres pays bouddhistes, Chine, Japon, Tibet, Mongolie, etc. Il existe certaines différences entre ces deux écoles, principalement en ce qui concerne les croyances, les pratiques et les observances, mais sur les enseignements les plus importants, comme ceux qui sont exposés ici, le Theravada et le Mahayana s’accordent.

 

J’ai ajouté spécialement à cette édition française, en appendice, un petit choix de traductions des textes palis originaux, pour le profit de ceux qui voudraient lire quelques discours du Bouddha dans leur forme originale.

 

Il me reste à exprimer ma profonde gratitude à M. Paul Demiéville, mon professeur à Paris, qui a bien voulu trouver le temps, malgré son programme extrêmement chargé, de parcourir le manuscrit, de faire des corrections et des suggestions importantes, et d’honorer ce petit livre en écrivant à ma demande une aimable et précieuse préface. Je ne puis le remercier assez.

 

Je dois remercier le professeur EFC Ludowyk, qui m’a invité à écrire ce livre originalement en anglais, de l’aide qu’il m’a apportée, de l’intérêt pris, des suggestions offertes, et de la lecture du manuscrit. J’ai aussi une dette de gratitude envers Mlle Marianne Möhn, qui a parcouru le manuscrit anglais et fait quelques remarques précieuses.

 

Je voudrais enfin exprimer mes vifs remerciements à M.René Marc, M. Jean Bertrand-Bocandé et Mlle Mireille Benoit, pour m’avoir aidé de plusieurs façons dans la préparation du texte français. »

 

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